Le Jour Zéro d’une Troisième Guerre mondiale déjà militarisée, entre OTAN, Pax Armata, partenaires et puissances non-alignées.
PAXOTA 2028 décrit un ordre mondial déjà fracturé avant le premier jour de guerre ouverte. L’OTAN conserve une forte profondeur militaire, industrielle et navale, mais ses décisions multinationales exigent des compromis politiques et ses théâtres sont très dispersés. Pax Armata est devenue une puissance militaire privée transnationale, soutenue par des partenaires étatiques, des contrats, des infrastructures civiles militarisées et un réseau logistique mondial. Sa structure plus centralisée lui permet de déplacer rapidement des moyens, mais elle dépend de financements, d’accès portuaires, d’aérodromes et de gouvernements partenaires. L’Europe constitue le principal foyer de rupture. Les États baltes, la Pologne, l’Allemagne, la mer Noire, la France, l’Espagne, l’Italie et la Méditerranée sont fortement militarisés. Gibraltar est un point de friction majeur entre Atlantique et Méditerranée. L’Égypte et le canal de Suez sont essentiels aux flux énergétiques et militaires. En Afrique, le Sahel et les routes minières attirent des forces concurrentes. Dans l’Indo-Pacifique, le Japon, les Philippines, l’Australie, les routes maritimes et plusieurs positions insulaires sont renforcés tandis que la Chine, la Russie, l’Inde et d’autres puissances conservent une marge stratégique propre. La guerre repose autant sur la logistique que sur le contrôle territorial. Ports, aérodromes, centres de commandement, infrastructures énergétiques, routes maritimes, centres industriels et réseaux de communication conditionnent la capacité des armées à durer. Les gouvernements restent souverains : un pays peut soutenir son bloc tout en refusant certaines opérations, négocier un accord séparé ou réorienter sa politique intérieure. Les alliances militaires coexistent avec des partenariats économiques, des rivalités nationales et des crises de légitimité. Au Jour Zéro, plusieurs futures batailles emblématiques sont seulement des risques : Gibraltar, Suez, la Baltique, le front mer Noire, Taoudeni, Paris, Berlin, Lagos, Panama et le Pacifique disposent déjà de concentrations de forces ou d’infrastructures qui peuvent provoquer une escalade. Le monde est suffisamment militarisé pour qu’une rupture locale produise rapidement des conséquences intercontinentales.
Le 1er janvier 2028 à 04 h 30, la confrontation entre l’OTAN et Pax Armata bascule en guerre ouverte. Depuis des mois, armées, flottes, bases, réserves et réseaux de guerre électronique ont été prépositionnés sur plusieurs continents. L’Europe, la Méditerranée, la Baltique, le Sahel, Suez, l’Indo-Pacifique et les Amériques sont sous tension. Les gouvernements doivent désormais soutenir leurs coalitions, protéger leurs routes logistiques et éviter que les crises régionales ne fusionnent en un conflit incontrôlable.
Les grandes opérations dépendent d’une chaîne de commandement crédible, de stocks de munitions, de carburant, de transport et de points d’appui opérationnels. Une formation dont la logistique est fortement dégradée perd progressivement sa capacité de manœuvre et de combat, même si ses effectifs restent élevés. Les décisions stratégiques multinationales de l’OTAN nécessitent un soutien politique suffisant des membres concernés ; les décisions nationales peuvent diverger du commandement allié. Pax Armata agit plus vite mais sa présence durable dépend de contrats, de financements, de bases, de ports et de partenaires locaux. Une alliance, un partenariat ou une neutralité peut être renégocié lorsque des gouvernements changent, que les pertes augmentent ou que des intérêts nationaux divergent. Une guerre entre deux acteurs n’oblige pas automatiquement tous leurs partenaires à entrer dans le conflit. La capture d’une grande base, d’un port ou d’un hub ne transfère pas instantanément toute sa capacité : les dommages, le personnel, les réseaux et les stocks doivent permettre sa remise en service. Les grandes routes maritimes peuvent rester ouvertes, perturbées ou temporairement fermées selon la situation des détroits, ports et flottes. Les réseaux de guerre électronique et cyber peuvent dégrader la connaissance de situation, les communications et la logistique, mais leur effet varie selon la résilience des systèmes adverses. L’emploi d’armes stratégiques majeures exige une décision politique correspondante et augmente fortement le risque d’escalade mondiale. Les crises humanitaires, les destructions d’infrastructures et les pertes prolongées réduisent le soutien politique et économique à la guerre. Une victoire tactique peut donc créer un coût stratégique supérieur au gain obtenu.